• samedi 25 avril 2026

Motions de censure contre le gouvernement Lecornu : résultats et enjeux

Le 23 janvier 2026, les deux motions de censure déposées contre le gouvernement de Sébastien Lecornu ont été rejetées par l'Assemblée nationale. Ces motions faisaient suite à l'activation de l'article 49.3 par le Premier ministre pour adopter la partie recettes du budget 2026. Bien que le gouvernement n'ait pas été renversé, la situation politique reste tendue.

Les motions de censure, déposées par La France insoumise et le Rassemblement national, n'ont pas réussi à obtenir la majorité requise pour faire tomber le gouvernement. En effet, 269 députés ont signé la motion de LFI, alors qu'il en fallait 288 pour qu'elle soit adoptée. La majorité des députés socialistes et républicains, ainsi que ceux soutenant le gouvernement, ont choisi de ne pas s'opposer à l'adoption de cette première partie du projet de loi de finances (PLF) pour 2026.

Malgré ce rejet, Sébastien Lecornu n'est pas encore tiré d'affaire. Le Premier ministre, qui avait promis de ne pas recourir à l'article 49.3, a dû s'y résoudre face à l'impasse sur le PLF. Un deuxième 49.3 a été engagé, cette fois sur la partie dépenses et l'ensemble du texte. La gauche, hors PS, a déjà annoncé son intention de déposer une nouvelle motion de censure. Mathilde Panot, présidente du groupe LFI, a déclaré : "Pour faire tomber le budget ainsi que le gouvernement, nous déposons une motion de censure avec les écologistes et les communistes et ultramarins."

Le Rassemblement national n'a pas encore précisé ses intentions concernant une éventuelle motion de censure. La prochaine étape sera l'examen de ces motions au palais Bourbon en début de semaine prochaine, ce qui pourrait mettre une pression supplémentaire sur Sébastien Lecornu. Sa survie à Matignon dépendra en grande partie du soutien du Parti socialiste. Si les troupes d'Olivier Faure changent d'avis, l'ex-ministre des Armées pourrait subir le même sort que ses prédécesseurs, à savoir être renversé par l'Assemblée.

Parmi les députés LR, Michel Barnier a exprimé qu'il "continue sa réflexion personnelle en attendant de connaître le détail des dépenses et des efforts nécessaires pour réduire le déficit". Sa position sur la censure reste incertaine. Si chaque député maintient sa position, il est probable que le résultat soit similaire à celui de ce vendredi, permettant à Sébastien Lecornu d'échapper à une nouvelle censure.

Après un passage au Sénat, le texte reviendra en lecture définitive à l'Assemblée nationale début février. Un vote semble peu probable, car une majorité de "pour" semble difficile à atteindre. Le Premier ministre pourrait alors activer un ultime 49.3 dans ce long dossier budgétaire. Cela offrirait aux oppositions l'opportunité de déposer de nouvelles motions de censure. Si ces motions sont rejetées, Sébastien Lecornu pourra enfin respirer, et la France sera dotée d'un budget. Dans le cas contraire, le pays se retrouvera sans budget ni gouvernement.