La nouvelle répartition des moyens pour la rentrée scolaire 2026, présentée ce matin par le ministre de l'éducation nationale, Édouard Geffray, prévoit plus de 4 000 suppressions de postes. Cette annonce a été accueillie avec inquiétude par les différents syndicats, notamment le Snes et la Fsu. De son côté, Édouard Geffray invoque une "chute démographique vertigineuse".
En pleine discussion sur les motions de censure à l'Assemblée, cette mesure prévue dans le budget 2026 ne passe pas. Ce mardi, le ministre de l'éducation nationale, Édouard Geffray, a présenté les moyens prévus pour la rentrée de septembre prochain et leur répartition par académie. Au programme : près de 2 229 suppressions de postes sont prévues dans l'enseignement primaire et 1 803 dans le second degré, selon un document consulté par nos confrères de l'Agence France-Presse.
Cette nouvelle répartition est "sous réserve de l'adoption définitive de la loi de finances", a indiqué le ministère de l'éducation dans un communiqué, accueillie avec inquiétude par les syndicats. "En 2025, nous avons eu 670 suppressions de postes dans le primaire public, cela s'est traduit par 2 400 fermetures de classes. Imaginez avec plus de 2 000 postes !", s'interroge Aurélie Gagnier, co-secrétaire du SNUipp, premier syndicat des enseignants du primaire.
Le même son de cloche du côté de la CGT, pour qui cette annonce confirme "l'austérité budgétaire assumée" d'un ministère qui maintient sa sinistre politique comptable. Le budget Lecornu prévoit 4 032 suppressions de postes d’enseignants, dont 140 dans le premier degré pour l’académie de Créteil. Des milliers de classes menacées de fermeture dès septembre.
Il y a deux ans, parents, élèves et enseignants se mobilisaient. Une annonce qui a raisonné à l'oreille des partis de gauche à l'Assemblée nationale, alors que la France insoumise est entrée en croisade contre les dispositions d'un nouveau projet de loi de finances pour 2026. "Le gouvernement continue la casse de l'école publique et organise la pénurie", assure le député Bastien Lachaud, pour qui une seule issue subsiste : "la censure".
Comment justifier alors un tel nombre de suppressions de postes ? L'argument utilisé par Édouard Geffray lors des questions au gouvernement est la "chute démographique vertigineuse". Selon les dernières prévisions du ministère de l'éducation nationale, les effectifs du primaire et du secondaire sont en chute libre : plus de 150 000 élèves manqueront à l'appel en 2026 par rapport aux chiffres de 2025. Une chute qui devrait se poursuivre.
Pas de quoi justifier en revanche pour les syndicats contactés une baisse des effectifs. "Nous devrions profiter de l'opportunité de la baisse démographique pour combler nos manques dans les remplacements de professeurs ou encore les accompagnants pour élèves en situation de handicap", analyse Aurélie Gagnier. Elle glisse une prédiction : "la rentrée va être très compliquée pour de nombreux enfants, notamment en milieu rural".