• lundi 18 mai 2026

Rémunérations des dirigeants : un écart grandissant avec les salariés

Les inégalités salariales croissantes en France

La rémunération des dirigeants des grandes entreprises françaises a connu une hausse alarmante en 2025, augmentant 3,3 fois plus vite que celle des salaries. Selon un rapport, parmi les PDG du CAC 40 ayant fourni leurs données, la remuneration a atteint 18% sur un an, tandis que celle des travailleurs n'a progressé que de 0,5% en termes réels.

Une analyse d'Oxfam et de la CSI

En ce 1ᵉʳ-Mai, Oxfam et la Confédération syndicale internationale (CSI) publient une analyse comparative des rémunérations des dirigeants et des salaries en France et dans le monde. En France, les remunerations des patrons des plus grandes entreprises ont augmenté 3,3 fois plus vite que celles de leurs salaries en 2025.

Des chiffres alarmants

Parmi les PDG et directeurs généraux du CAC 40, la hausse atteint 18% entre 2024 et 2025. "Il est temps de tirer la sonnette d'alarme. Le CAC 40 se porte à merveille et les records de versements de dividendes s'enchaînent année après année, tandis que les multinationales continuent de favoriser les actionnaires au détriment des salaries", résume Léa Guérin, chargée de plaidoyer chez Oxfam France.

Un écart de rémunération préoccupant

Dans le même temps, la rémunération moyenne d'un salaire français n'a progressé que de 0,5% en termes réels, c'est-à-dire sans prendre en compte les effets de l'inflation. En 2025, le CAC a versé 107 milliards d'euros de dividendes, franchissant pour la première fois la barre symbolique des 100 milliards.

Des milliardaires en hausse

À l'échelle mondiale, près de 1.000 milliardaires ont perçu 79 milliards de dollars de dividendes en 2025, soit 2.500 dollars par seconde. En moyenne, un milliardaire a perçu en moins de deux heures plus en dividendes qu’un travailleur n'a gagné en salaire sur une année entière. Parmi les gagnants, Bernard Arnault et sa famille arrivent en tête avec 3,8 milliards de dollars, suivis d'Amancio Ortega, propriétaire d'Inditex (Zara), avec 3,7 milliards.

Un recul des salaires réels

L'écart de salaire entre patrons et salaries ne date pas d'hier. Entre 2019 et 2025, les salaires réels des travailleurs ont reculé de 12%, ce qui revient à avoir travaillé 108 jours gratuitement sur cette période, et même 31 jours rien que l'année dernière. Dans le même temps, la rémunération moyenne des PDG est passée de 5,5 à 8,4 millions de dollars, soit une hausse de 54% en termes réels. "Il faudrait en moyenne 490 ans à un travailleur pour gagner la même somme", calculent Oxfam et la CSI.

Appel à la régulation des rémunérations

Depuis la loi Pacte, les entreprises cotées en bourse ont l'obligation de communiquer les écarts de salaire entre l'employé moyen et les dirigeants. Cependant, il n'existe pas encore de limite à cet écart. Les deux organisations appellent donc à une "imposition effective des super-riches" et à des "limites contraignantes sur la rémunération des PDG". "Les gouvernements doivent veiller à ce que le salaire minimum suive a minima le rythme de l'inflation", plaide également Amitabh Behar, directeur exécutif d'Oxfam International.