Les risques du paracétamol pendant la grossesse : démystification des idées reçues
Publié le 3 juin 2026 à 10h38, source : JT 20h Semaine. Le paracétamol, souvent utilisé pour soulager la douleur et la fièvre, fait régulièrement l'objet de controverses, notamment concernant ses effets sur les femmes enceintes et leur enfant à naître. Récemment, l'influenceuse Maeva Ghennam a suscité des inquiétudes en affirmant que la prise de Doliprane pendant la grossesse pourrait "féminiser" le fœtus.
Les déclarations de Maeva Ghennam
Dans un message adressé à ses millions d'abonnés sur Instagram, Maeva Ghennam a partagé ses doutes sur le Doliprane, affirmant qu'elle évitait ce médicament durant sa grossesse pour ne pas "féminiser" son futur enfant. Elle a déclaré : "C’est ma gynéco qui me l’a dit : le Doliprane, si vous avez un garçon, il y a eu des études comme quoi ça féminise. Je ne veux pas que mon enfant soit féminisé." Ces propos ont été largement relayés sur TikTok, où des commentaires affirment que des études corroborent ses dires.
Les faits scientifiques sur le paracétamol
Pour clarifier la situation, nous avons interrogé des experts. Le professeur Mathieu Molimard, chef du service de pharmacologie au CHU de Bordeaux, souligne que "le Doliprane est le meilleur médicament contre la douleur et la fièvre pendant la grossesse, à condition de respecter les doses minimales et la durée la plus courte possible". Il insiste sur le fait que ne pas traiter une fièvre peut être plus dangereux pour le fœtus.
Que signifie "féminiser" le fœtus ?
Le terme utilisé par Maeva Ghennam peut prêter à confusion. Selon Séverine Mazaud-Guittot, chercheuse en biologie, "féminisation" fait référence à un défaut de descente des testicules, connu sous le nom de cryptorchidie. Cette malformation est liée à l'imprégnation de testostérone pendant la vie fœtale, et non à une féminisation au sens strict.
Les études sur le paracétamol et l'appareil génital
Des recherches ont été menées pour évaluer l'impact du paracétamol sur le développement de l'appareil génital. Une étude de 2010 a montré que les femmes danoises prenant de l'aspirine ou de l'ibuprofène pendant leur grossesse avaient un risque accru d'anomalies génitales chez les garçons. Cependant, cette étude n'a pas trouvé de résultats similaires chez les femmes finlandaises, et les conclusions n'ont pas été confirmées par des méta-analyses.
Les recommandations des experts
Les experts s'accordent à dire qu'il n'existe pas de preuve solide liant l'exposition au paracétamol à des malformations génitales. Le professeur Molimard rappelle que "de nombreuses études ont été réalisées depuis plus de quarante ans, et aucune n'atteste d'une féminisation du fœtus". Il est crucial de ne pas utiliser le Doliprane sans nécessité, car il n'est pas indiqué pour des douleurs aux jambes ou des problèmes de circulation.
Conclusion : utiliser le paracétamol avec précaution
En résumé, le paracétamol peut être utilisé pendant la grossesse, mais il est essentiel de respecter la dose efficace la plus faible et la durée la plus courte possible. L'Agence nationale de sécurité du médicament précise que le paracétamol est sûr lorsqu'il est utilisé correctement. Les femmes enceintes doivent toujours consulter leur médecin avant de prendre tout médicament.
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