À l'approche de la COP30 à Belem, le Brésil annonce une avancée significative pour l'environnement : la déforestation dans l’Amazonie brésilienne a connu une baisse de 11 % sur un an, atteignant son niveau le plus bas depuis 2014. Cette forêt tropicale, qui représente environ 60 % de la surface forestière du monde, joue un rôle crucial dans l’absorption des gaz à effet de serre responsables du changement climatique.
Selon les chiffres officiels publiés jeudi, 5 796 km² de forêt amazonienne ont été déboisés au Brésil entre août 2024 et juillet 2025, marquant ainsi la surface la plus basse en onze ans. Ce chiffre représente le taux de déforestation officiel au Brésil, basé sur des données collectées par les satellites du système Prodes de l'Institut national de recherches spatiales (Inpe). En comparaison, l'année précédente, le taux s'élevait à 6 518 km², ce qui représente une baisse de 30 % par rapport aux douze mois précédents.
Un engagement fort du président Lula
À son retour au pouvoir en janvier 2023, le président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva a promis d’éradiquer la déforestation au Brésil d’ici 2030. « Quand on obtient un bon résultat, il faut passer au prochain défi. Nous ne pouvons pas nous reposer sur nos lauriers. Notre défi, c’est de réduire la déforestation à zéro d’ici 2030 », a déclaré Marina Silva, la ministre brésilienne de l’Environnement, lors d'une conférence de presse.
Sous le mandat de son prédécesseur d’extrême droite, Jair Bolsonaro (2019-2022), la déforestation avait augmenté de 75 % en moyenne par rapport à la décennie précédente. « Après des années de recul, le Brésil reprend son cap de leadership environnemental et démontre qu’il est possible de combiner développement économique et protection des biomes », a réagi Alexandre Prado, de WWF-Brésil, dans un communiqué.
Des défis persistants malgré les progrès
La baisse de la déforestation en Amazonie s’est poursuivie malgré la sécheresse exceptionnelle qui a touché le Brésil l’an dernier. Cette sécheresse, liée au changement climatique, a favorisé la propagation d’incendies dévastateurs, devenus l’une des principales causes de déforestation, selon le gouvernement brésilien. Des chiffres préliminaires d'un autre système de recueil de données par satellites, les Deter, ont indiqué une hausse de 4 % sur cette même période d’août 2024 à juillet 2025.
« Si la situation n’avait pas été aussi grave en ce qui concerne les incendies l’an dernier, nous aurions probablement eu le chiffre le plus bas depuis le début des relevés », a estimé Joao Paulo Capobianco, secrétaire exécutif du ministère de l’Environnement.
Un projet controversé d’exploration pétrolière
Dans le Cerrado, une savane riche en biodiversité située au sud de l’Amazonie, la déforestation a diminué de 11,49 %, avec une perte de végétation de 7 235 km², selon l’Inpe. Lors de la COP30, qui se tiendra à partir du 10 novembre à Belem, Lula espère démontrer que le Brésil est capable de jouer un rôle de premier plan dans la lutte contre le changement climatique. Cependant, malgré un bilan environnemental plutôt positif, il a récemment été critiqué par les écologistes pour son soutien à un projet d’exploration pétrolière au large de l’Amazonie.
La semaine dernière, l’agence de surveillance environnementale Ibama a donné son feu vert à la compagnie publique Petrobras pour débuter l’exploration dans un bloc situé à 500 km de l’embouchure de l’Amazone, au nord du pays. Face à ses détracteurs qui jugent que l’investissement dans les combustibles fossiles est contradictoire avec ses ambitions environnementales, Lula rétorque que l’argent du pétrole peut être utilisé pour financer la transition énergétique.