• samedi 25 avril 2026

Amendement RN : Durcissement des sanctions contre la fraude sociale

Examen du Projet de Loi contre les Fraudes Sociales et Fiscales

Publié le 31 mars 2026 à 9h13, ce texte informe sur les récentes évolutions législatives concernant la fraude sociale et fiscale en France. Les députés de l'Assemblée nationale examinent actuellement un projet de loi visant à renforcer les sanctions contre les fraudes sociales. Ce projet a été marqué par l'adoption d'un amendement du Rassemblement national (RN) qui durcit les pénalités en cas de fraude sociale.

Amendements et Tensions Politiques

Le projet de loi a vu l'adoption d'un amendement proposé par le député RN David Magnier, qui a été voté par 27 voix contre 24, malgré l'opposition du gouvernement et du rapporteur du texte, Patrick Hetzel (LR). Cet amendement vise à instaurer des pénalités plus sévères pour les infractions liées aux prestations sociales, avec le soutien de certains députés de droite et macronistes.

Les tensions politiques sont palpables, la gauche ayant voté contre cet amendement, tandis que les groupes LR, Horizons et Renaissance ont eu des positions partagées. Le député insoumis Louis Boyard a exprimé son indignation face à ce vote, qualifiant les alliances entre macronistes et RN de "honteuses".

Sanctions Renforcées pour Fraude Sociale

Les nouvelles mesures prévoient des sanctions plus strictes pour les fraudes sociales fiscales, notamment en cas de travail dissimulé ou de non-déclaration d'un changement de situation. Actuellement, les pénalités sont fixées en fonction de la gravité des faits, mais l'amendement RN introduit une amende plancher égale au triple des montants indûment perçus, et jusqu'à cinq fois le montant concerné en cas de récidive.

À partir de la troisième infraction, des suspensions des droits sociaux seront appliquées pour les particuliers, tandis que les entreprises pourraient faire face à des peines de fermeture administrative renforcées.

Critiques et Réactions

Les députés de gauche ont proposé plusieurs amendements pour lutter contre la fraude fiscale, visant particulièrement les ménages les plus riches, mais ces propositions ont été rejetées. Par exemple, un amendement du groupe socialiste visant à créer un registre des œuvres d'art d'une valeur supérieure à 50 000 euros a été refusé, suscitant des critiques de la part de la députée Mathilde Feld.

Le socialiste Laurent Baumel a qualifié ce projet de loi d'"occasion manquée", soulignant que la fraude fiscale est souvent utilisée comme un prétexte pour cibler les plus pauvres et les plus précaires.

Position du Gouvernement

Le ministre de l'Action et des Comptes publics, David Amiel, a dénoncé les discours populistes qui assimilent la fraude sociale à une fraude des plus précaires, affirmant que la majorité des fraudes sociales sont commises par des professionnels de la fraude.

Ce texte met en lumière les tensions politiques autour des mesures législatives visant à lutter contre les fraudes sociales fiscales, tout en soulevant des questions sur les implications sociales de ces nouvelles sanctions.