La menace d'une intervention militaire américaine a suscité des réactions vives au sein des autorités iraniennes. À Téhéran, le régime assure qu'il ne souhaite pas la guerre, mais se déclare préparé à un éventuel conflit. Cette déclaration intervient dans un contexte de répression violente à l'égard des manifestants, alors que les tensions montent dans le Moyen Orient.
En réponse aux grandes manifestations observées ces derniers jours à Téhéran et dans d'autres villes, les autorités iraniennes ont appelé à des contre-manifestations en soutien à la République islamique, qui fait face à l'un de ses plus grands défis depuis sa proclamation en 1979. Le chef de la diplomatie iranienne a affirmé que son pays était prêt à la guerre, suite aux menaces répétées de Donald Trump d'intervenir militairement si la répression du mouvement de contestation, qui aurait causé des centaines de morts, se poursuivait.
Téhéran ne redoute pas un conflit. Après avoir évoqué l'hypothèse d'une action militaire, le président américain a déclaré que les dirigeants iraniens souhaitaient "négocier" et qu'une réunion était "en cours de préparation", tout en laissant la porte ouverte à l'usage de la force. "Nous pourrions devoir agir avant une rencontre", a-t-il précisé, ajoutant que l'armée américaine étudiait des "options très fortes".
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a réagi en déclarant : "La République islamique d'Iran ne cherche pas la guerre, mais est tout à fait préparée pour la guerre." Ces propos ont été tenus lors d'une conférence des ambassadeurs étrangers à Téhéran, diffusée par la télévision d'État. Il a également souligné que l'Iran était prêt à des négociations, mais que celles-ci devaient être équitables, basées sur le respect mutuel.
Dimanche soir, le gouvernement iranien a décrété trois jours de deuil national pour honorer les "martyrs de la résistance", en référence aux membres des forces de sécurité tués. Bien que les autorités affirment comprendre les revendications économiques des manifestants, elles dénoncent de plus en plus les "émeutiers" qu'elles accusent d'être instrumentalisés par l'étranger, notamment par les États-Unis et Israël.
Selon l'ONG Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège, au moins 192 manifestants auraient été tués depuis le début de la contestation le 28 décembre. Cependant, le bilan pourrait être beaucoup plus lourd, l'ONG dénonçant un "massacre" et un "crime majeur contre le peuple iranien". Des informations non vérifiées indiquent qu'au moins plusieurs centaines, voire plus de 2 000 personnes selon certaines sources, auraient été tuées, avec plus de 2 600 arrestations.
Malgré la coupure d'Internet imposée depuis le 8 janvier par les autorités, des images filtrant depuis Téhéran et d'autres villes d'Iran, dont Machhad, montrent de grandes manifestations ces derniers soirs. Une vidéo authentifiée par l'AFP montre des dizaines de corps enveloppés dans des sacs noirs devant une morgue de la capitale, tandis que des Iraniens cherchent leurs proches disparus.
Le Centre pour les droits de l'homme en Iran (CHRI), basé à New York, a affirmé que les hôpitaux étaient "débordés" par l'afflux de manifestants blessés et que les réserves de sang diminuaient. La situation en Iran reste donc très préoccupante, alors que la menace d'une intervention militaire américaine plane sur le pays.