• samedi 25 avril 2026

Municipales 2026 : La France insoumise en forte progression

Publié le 16 mars 2026 à 12h06. Source : TF1info Shorts. La France insoumise a réalisé dimanche soir de bons résultats dans plusieurs villes de France aux élections municipales. Jean-Luc Mélenchon lui-même s'est félicité d'une "magnifique percée". Comment analyser les résultats de LFI à l'issue de ce premier tour des élections municipales ? Le coordinateur national du mouvement, Manuel Bompard, assure ce lundi 16 mars sur France Inter que "le score des listes étiquetées France insoumise a été multiplié par 11 par rapport à 2020". "Une stratégie et un projet ont correspondu à un état du pays et à ses attentes populaires. Ils ont permis à La France insoumise d’effectuer une magnifique percée dans les élections municipales", s'est également félicité Jean-Luc Mélenchon sur X. Alors que le mouvement n'avait jamais présenté de liste à des élections municipales de son histoire, dimanche soir, à l'issue du premier tour des élections municipales, les dirigeants de La France insoumise se sont félicités des scores obtenus par leurs candidats partout en France. À raison ? Les Insoumis ont d'abord salué les résultats du député David Guiraud à Roubaix. Il arrive très largement en tête avec 46,64% des suffrages, frôlant la victoire dès le premier tour. Plus tard dans la soirée, on a appris que la deuxième ville d'Île-de-France, Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), devenait la plus grande contrôlée par La France insoumise. La liste LFI-PCF, menée par Bally Bagayoko, s'est imposée avec 50,77% des voix dans ce bastion historique du communisme face au maire socialiste sortant, Mathieu Hanotin (33%). À Limoges aussi, le député insoumis Damien Maudet est en tête à gauche, et à Lille, le maire sortant Arnaud Deslandes (PS) est dans un mouchoir de poche avec sa concurrente LFI, Lahouaria Addouche. À Toulouse, le candidat LFI François Piquemal arrive en deuxième position, derrière le maire sortant divers droite Jean-Luc Moudenc, mais devant le socialiste François Briançon. Le mouvement de gauche radicale est en position d'arbitre dans plusieurs autres grandes villes, notamment à Paris où Sophia Chikirou, à 11,72%, a promis de se maintenir si Emmanuel Grégoire ne lui propose pas une fusion "antifasciste". Une "percée" à relativiser. "On attendait la droite radicale et on a la gauche radicale (LFI) dans certaines grandes villes et les banlieues", a résumé auprès de l'AFP François Kraus, directeur du pôle politique de l'Ifop. "Même si la plupart du temps les listes LFI ont été devancées par les listes d'union de la gauche dominées par le Parti socialiste ou les Écologistes, elles peuvent jouer les trouble-fêtes", a également fait remarquer Frédéric Dabi, directeur général de l'Ifop, sur LCI. Si les candidats insoumis se maintiennent à Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux ou Nantes, ils "pourraient empêcher la gauche socialiste ou écologiste de gagner. C'est ça la victoire de LFI, la capacité de se maintenir dans les plus grandes villes". Malgré tout, "quand on regarde le rapport de force, quand on regardera les résultats le 22 mars, c'est plutôt les partis traditionnels qui géreront le plus grand nombre de villes", nuance-t-il pour relativiser cette "percée intéressante". Ce que viennent également valider ces résultats, c'est que "toutes les polémiques autour de Jean-Luc Mélenchon" n'ont pas conduit "à un effondrement de LFI. Au contraire, ça a solidifié leur socle de premier tour", a concédé Frédéric Dabi. Les Insoumis ont montré une "capacité à faire campagne malgré les polémiques", a également expliqué le politologue Bruno Cautrès auprès de l'AFP, faisant notamment référence aux polémiques qui ont suivi la mort de Quentin Deranque à Lyon et la mise en examen d'assistants parlementaires du député LFI Raphaël Arnault. Cela montre que "le contenu programmatique a été une donnée plus importante pour les électeurs que la mauvaise image de Jean-Luc Mélenchon", le leader de LFI régulièrement accusé de flirter avec l'antisémitisme. La stratégie de LFI consistant "à mobiliser les jeunes et les quartiers populaires a fonctionné" et "sa radicalité n'a pas été un obstacle", complète Adélaïde Zulfikarpasic, directrice du pôle société d'Ipsos BVA. Une stratégie payante avant 2027. Il est certain qu'à l'issue du second tour, le mouvement qui participait pour la première fois à ce scrutin sous ses couleurs pourra se présenter comme l'un des grands gagnants. Avec 2027 en ligne de mire. À la faveur de ses nouveaux élus locaux, La France insoumise pourrait également faire son entrée au Sénat à l'automne prochain à l'issue des élections sénatoriales. Il s'agit aussi de jouer des coudes pour le leadership à gauche. À l'heure actuelle, si LFI réclame des fusions au nom d'un "front antifasciste", le PS ne croit pas LFI "en capacité de barrer la route à l'extrême droite".