La désinformation en santé : un enjeu majeur pour les femmes
Les femmes sont souvent les premières victimes de la désinformation en matière de santé. Des sujets tels que la contraception et la santé sexuelle sont particulièrement touchés. Un constat alarmant révèle que près de trois femmes sur cinq ont déjà pris des décisions médicales basées sur des informations inexactes ou trompeuses. Selon un baromètre de 2025 réalisé pour le collectif Femmes de Santé par CSA Research, 57% des Françaises admettent avoir été induites en erreur, principalement via les réseaux sociaux. Ce chiffre grimpe à 67% chez les jeunes femmes de 18 à 24 ans.
Un Livre Blanc pour sensibiliser
Le collectif Femmes de Santé a consacré plus d'un an à étudier ce défi sociétal, aboutissant à un livre blanc disponible en ligne. Catherine Bertrand-Ferrandis, vétérinaire et coordinatrice du projet, souligne l'ampleur de la problématique en France, indiquant un manque de communication entre les citoyennes et le système de santé.
La charge mentale des femmes en matière de santé
Les femmes sont particulièrement ciblées par la mesinformation en santé, souvent partagée avec de bonnes intentions. Ce phénomène va de la diffusion de conseils non prouvés à la manipulation à but lucratif, surtout dans le domaine du bien-être. Catherine Bertrand-Ferrandis explique que les femmes, en tant que principales chercheuses d'informations, sont plus exposées à ces fausses informations. Une enquête d'OpinionWay en 2022 révèle que 67% des femmes se considèrent comme le parent principal responsable de la santé des enfants.
Une consommation d'informations différente
La consommation de contenus en ligne par les femmes diffère de celle des hommes. Selon la Dr Juliette Hazart, médecin de santé publique, les femmes utilisent davantage les réseaux sociaux comme espace de soutien et d'informations. En revanche, les hommes sont plus présents sur d'autres thématiques. Les algorithmes des plateformes tendent à genrer les contenus, renforçant ainsi la mesinformation sur des sujets tels que la santé mentale et les douleurs chroniques.
Les dangers de la désinformation sur la contraception
Certains sujets, comme la contraception hormonale, sont particulièrement sujets à la mesinformation. Imene Kaci, sage-femme, constate que de nombreuses patientes arrêtent la pilule en raison de rumeurs infondées sur le cancer. Sur TikTok, des jeunes femmes dénoncent les dangers de la pilule, la qualifiant de "cancérogène". Les essais cliniques et la vaccination contre le papillomavirus sont également entourés de rumeurs, comme celle selon laquelle le vaccin nuirait à la fertilité, une affirmation réfutée par l'Inserm.
Un vide informationnel à combler
Il existe un vide informationnel sur la santé reproductive, laissant place à la désinformation. Dans son rapport remis au ministère de la Santé, l'Inserm souligne que le manque de recherche sur certaines pathologies féminines favorise la mesinformation. Le ministère n'a pas encore précisé ses ambitions futures pour lutter contre ce phénomène.
Des actions concrètes pour lutter contre la désinformation
Des spécialistes comme Imene Kaci et Zoya Ali, avec leur compte Uteropedia, utilisent les réseaux sociaux pour éduquer et répondre aux questions des jeunes femmes. L'Inserm propose également des initiatives pour contrer les rumeurs. La désinformation peut avoir des conséquences graves, comme le refus d'un traitement ou d'un vaccin efficace. Imene Kaci témoigne d'une patiente ayant subi une interruption volontaire de grossesse en raison de fausses croyances sur la pilule.
Recommandations pour un avenir meilleur
Dans son livre blanc, le collectif Femmes de Santé propose plusieurs recommandations pour sortir de ce cercle vicieux. Parmi elles, le lancement d'un programme de formation dans les écoles, la création d'une cellule de réponse rapide face aux fausses informations, et l'encadrement des plateformes pour réguler leurs algorithmes. Il est crucial de sensibiliser le public à l'importance d'informations fiables en santé et d'encourager des actions concrètes pour lutter contre la désinformation.
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