• samedi 25 avril 2026

Lacunes dans la prise en charge du cancer du sein en France

Un rapport de la Cour des comptes publié récemment met en lumière les nombreuses lacunes dans la prise en charge du cancer du sein en France. Ce document appelle à une action publique vigoureuse pour améliorer le dépistage et le parcours de soins. Le cancer du sein est le plus fréquent et le plus meurtrier des cancers pour les femmes en France, avec environ 12 000 décès par an.

Un enjeu majeur de santé publique

La prise en charge du cancer du sein représente un coût important pour la Sécurité sociale, avec près de 4,7 milliards d'euros de dépenses en 2023, soit une augmentation de plus de 65% par rapport à 2015. Ce rapport souligne également le reste à charge significatif pour les patientes, qui s'élève en moyenne à 1 549 euros, poussant les plus démunies à renoncer à des soins essentiels, comme les reconstructions mammaires.

Inégalités territoriales et sociales

Les magistrats de la Cour des comptes constatent que des inégalités territoriales et sociales persistent dans l'accès aux soins. Les femmes vivant en zone rurale ou outre-mer sont particulièrement touchées. Le dépistage organisé, qui est proposé tous les deux ans aux femmes de 50 à 74 ans, affiche un recours insuffisant et est en recul. Ce dépistage est souvent concurrencé par un dépistage individuel, qui présente des lacunes et des coûts élevés, notamment en raison des dépassements d'honoraires.

Propositions pour améliorer la situation

Face à ces inégalités de traitement, la Cour des comptes suggère d’interdire les dépassements d’honoraires pour les mammographies et échographies associées au dépistage organisé. Elle appelle également à obliger tous les centres à prendre en charge les patientes venant pour une mammographie de dépistage organisé. De plus, il est proposé de réfléchir à un ciblage du dépistage, en le démarrant plus tôt et en l’adaptant selon le niveau de risque.

Le parcours de soins et l'après-cancer

Le parcours de soins pour le cancer du sein souffre également de lacunes, entraînant des inégalités dans la qualité et la sécurité des prises en charge. La Cour des comptes appelle à relever le seuil minimal de séjours pour autoriser un établissement de santé à réaliser des opérations chirurgicales, afin de garantir que celles-ci soient effectuées dans des centres experts à haut volume d'activité.

Enfin, l'après-cancer pose également des défis. De nombreuses femmes traitées continuent de souffrir de séquelles lourdes et variées. Bien que plusieurs dispositifs aient été mis en place, leur déploiement reste inachevé et marqué par une mise en œuvre hétérogène.

Il est crucial que la France prenne des mesures concrètes pour améliorer le dépistage et les soins liés au cancer du sein. La sensibilisation du public et l'incitation à une action publique sont essentielles pour garantir que toutes les femmes aient accès à des soins de qualité, sans inégalités.