DÉCRYPTAGE DES ÉLECTIONS MUNICIPALES
Publié le 11 mars 2026 à 16h26 - Source : TF1 Info
Le premier tour des élections municipales se déroulera ce dimanche 15 mars. Quelles sont les particularités de ce scrutin, qui se tient en pleine guerre au Moyen-Orient, et un an avant une élection présidentielle ? TF1 Info a sollicité le décryptage de Frédéric Dabi, directeur général de l'Ifop.
Une campagne sous tension
La campagne a été discrète, percutée par la guerre au Moyen-Orient. Malgré tout, cette semaine, les candidats et leurs soutiens jettent leurs dernières forces dans la bataille. Il s'agit de mobiliser les habitants, de grapiller les quelques points qui pourraient manquer dimanche soir et de solidifier sa base électorale.
Les enjeux de la participation
À quatre jours du premier tour, TF1 Info a demandé à Frédéric Dabi d'identifier les grands enjeux du scrutin. La participation est cruciale. "Est-ce que les Français vont voter ? Ils vont voter plus que le 15 mars 2020, en pleine pandémie du Covid-19", prédit Frédéric Dabi. "Ils vont voter plus, mais est-ce que le niveau de participation frôlera celui de 2014, celui de 2001 ?"
Il voit deux scénarios possibles. Le premier, qu'il appelle 'tous dans le même sac' : les électeurs se demandent à quoi bon aller voter, entre la politique nationale où il ne se passe plus rien et les événements internationaux qui nous percutent. Le second scénario, plus optimiste, est que les gens se disent que ça vaut le coup d'aller voter, car l'élection municipale est celle de la proximité, celle qui change la vie des gens.
D'après un sondage Ifop pour l'Institut Terram publié début février, seuls 60% des électeurs ont l'intention d'aller voter le 15 mars. Si les chiffres se confirment, la participation serait la deuxième plus mauvaise pour des municipales depuis 1965.
Vers des triangulaires et quadrangulaires
Frédéric Dabi identifie un autre enjeu : le risque d'une "discontinuité très forte entre le premier tour et le second tour." Avant, un second tour était contenu dans le premier tour, les maires étaient réélus dès le premier tour ou le second tour faisait place à un duel. Avec l'éclatement du champ politique, ce qui était la règle va devenir l'exception, et on sait très bien qu'une triangulaire ou une quadrangulaire ça renforce l'incertitude.
À Paris ou Amiens, les sondages prédisent la qualification au second tour de cinq candidats, et le mode de scrutin pourrait faire que le vainqueur de l'élection n'ait pas de majorité absolue à l'issue des élections.
Un dégagisme plus fort que jamais
Frédéric Dabi se questionne : "Est-ce que la règle selon laquelle il n'y a pas de dégagisme aux élections municipales va être brisée ?" Selon un sondage publié fin février, 55% de la population souhaite l'élection d'un nouveau maire plutôt que la réélection de son édile actuel.
Les municipales comme premier tour de la présidentielle ?
Frédéric Dabi assure que dire que ces municipales sont le premier tour de la présidentielle de 2027 est un peu exagéré. "Les principales forces politiques dans les villes de plus de 10 000 habitants restent les partis de gouvernement traditionnels, à savoir le PS, LR, le PCF, l'UDI, les Écologistes. Ce sont eux qui se tailleront la part du lion, pas La France insoumise, pas le Rassemblement national."
En revanche, les élections municipales sont les seules élections où il y a une lutte symbolique très forte entre les différents partis politiques pour imposer leur lecture du scrutin. Les Insoumis pourront dire 'nous étions absents des conseils municipaux, nous y entrons en force et en plus nous gagnons une ou deux villes symboliques'.
En résumé, "le vote des Français sera un vote municipal, peu penseront à la présidentielle. Mais il est vrai que l'interprétation du scrutin sera l'objet d'une lutte, et peut-être que la pré-campagne présidentielle commencera le 22 mars au soir."