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Restitution du tambour parleur Djidji Ayôkwé à la Côte d'Ivoire
30 mars 2026
Restitution du tambour parleur Djidji Ayôkwé à la Côte d'Ivoire
La France a procédé à la restitution, ce vendredi, du tambour parleur Djidji Ayôkwé à la République de Côte d'Ivoire, un objet d'une importance culturelle et historique majeur, volé durant la période coloniale. Lors d'une cérémonie officielle au musée du Quai Branly-Jacques Chirac, un acte de transfert de propriété a été signé, marquant le retour de ce précieux tambour parleur, qui quittera bientôt la France pour être exposé à Abidjan.
"Il va enfin retrouver sa terre", a déclaré la ministre ivoirienne de la Culture, soulignant l'importance de ce retour après plus d'un siècle d'absence. Le tambour parleur Djidji Ayôkwé, volé par la France il y a plus de cent ans, a été officiellement restitué à la Côte d'Ivoire le 20 février 2026, lors d'une cérémonie réunissant des responsables des deux pays. Ce moment est considéré comme un événement historique tant pour la France que pour la Côte d'Ivoire, a affirmé Rachida Dati, la ministre de la Culture française, devant ce majestueux instrument de quatre mètres de long, richement décoré, présenté au musée des civilisations ivoire.
La ministre a signé avec son homologue ivoirienne, Françoise Remarck, l'acte de transfert de propriété de ce tambour parleur, qui sera bientôt exposé au musée des civilisations de la Côte d'Ivoire, à Abidjan, où des travaux de préparation sont en cours. "La Côte d'Ivoire entière est prête à l'accueillir", a annoncé la ministre de la Culture ivoirienne, exprimant son émotion face au retour de ce symbole. "Cela fait cent-dix ans que le tambour parleur a quitté les siens. Il va enfin retrouver sa terre", a-t-elle ajouté.
Une cérémonie nationale sera organisée à Abidjan pour célébrer ce retour, prévu d'ici l'été. Le tambour sera exposé "à une place de choix au cœur du musée national", a précisé son directeur, Gnoleba Francis Tagro, présent à Paris avec de nombreux responsables ivoiriens. "Il est parti dans la douleur il y a cent-dix ans. Il revient dans l'espérance", a salué Paulin Claude Danho, vice-gouverneur d'Abidjan, vêtu d'une tenue traditionnelle.
Le tambour parleur, pesant 430 kg, servait à transmettre des messages rituels et à alerter les villageois, notamment lors des opérations de recrutement forcé ou d'enrôlement militaire. Saisi en 1916 par les autorités coloniales auprès de l'ethnie ébrié, cet instrument sacré avait été envoyé en France en 1929, exposé au musée du Trocadéro puis à celui du Quai Branly.
Rachida Dati a souligné que le parcours du tambour parleur témoigne d'un pan de l'Histoire partagé, une histoire douloureuse où la domination et l'appropriation coloniale ont infligé une blessure à ceux pour qui ce tambour est l'emblème de leur mémoire et de leur culture.
La Côte d'Ivoire avait officiellement formulé sa demande de restitution en 2019. Ce tambour est le premier objet d'une liste de 148 œuvres que le pays réclame à la France et à d'autres nations. Le président français, Emmanuel Macron, avait pris l'engagement de restituer ces objets en 2021, et la restitution a été validée par le Parlement français en avril et juillet 2025, permettant de déclasser ce bien culturel en dérogeant au principe d'inaliénabilité des collections publiques. Dans ce cadre, la France a déjà restitué des biens au Bénin et au Sénégal.