• samedi 25 avril 2026

L'AFP annonce un plan de transformation avec suppressions de postes

Le PDG de l'AFP, Fabrice Fries, a récemment dévoilé un plan de transformation ambitieux qui prévoit la suppressions de postes au sein de l'agence. Ce plan, qui s'étend sur cinq ans, vise à réduire les effectifs de 125 postes, représentant environ 5% des effectifs mondiaux de l'agence à la fin de 2017. L'objectif principal est de ramener les comptes à l'équilibre d'ici 2021, tout en développant les recettes commerciales.

Selon la direction, ces suppressions de postes sont nécessaires pour limiter la progression des charges de l'AFP. Sans action correctrice profonde, l'agence pourrait faire face à un déficit d'exploitation cumulé de 90 millions d'euros sur les cinq prochaines années, en raison d'une légère érosion des recettes commerciales.

Le plan transformation présenté par Fabrice Fries inclut le non-remplacement de 160 départs naturels, avec un dispositif d'incitation au départ. En parallèle, 35 recrutements sont prévus. Les 125 suppressions nettes se répartiront entre 85 postes techniques et administratifs et 40 chez les journalistes. Ces mesures visent à réduire les coûts de l'agence de 16,5 millions d'euros en 2023, dont 14 millions au niveau des charges de personnel.

Pour atteindre ces objectifs, la direction souhaite négocier un accord de GPEC (gestion prévisionnelle de l'emploi et des compétences) avec les syndicats d'ici la fin de l'année. En outre, le plan de transformation inclut un objectif de croissance des activités, visant à générer 30 millions d'euros de recettes commerciales supplémentaires sur cinq ans, grâce à des investissements dans l'image, notamment dans la vidéo et la photo.

Pour financer ce plan, qui devrait coûter 21 millions d'euros d'ici 2023, l'AFP a demandé une aide du Fonds de transformation de l'action publique (FTAP) à hauteur de 17 millions d'euros. Fabrice Fries a souligné que cette aide serait compatible avec le droit communautaire, contrairement à la demande d'aide publique de 60 millions d'euros formulée par son prédécesseur, Emmanuel Hoog.

Face à une situation préoccupante sur le plan financier, Fabrice Fries a déclaré : "Il faut qu'on réduise nos coûts. Ce plan est difficile, mais indispensable pour préserver notre indépendance et assurer notre mission d'intérêt général." Dans un message interne adressé aux salariés, il a averti que l'AFP faisait face à des années "difficiles".

Le Syndicat national des journalistes (SNJ) a réagi en dénonçant une diminution nette de l'emploi, qui pourrait compromettre la capacité de l'agence à informer correctement le public. Les élus du personnel au conseil d'administration ont également exprimé leurs inquiétudes concernant la situation très préoccupante de la trésorerie de l'agence pour 2019.

En ce qui concerne la cession du siège de l'agence, situé au cœur de Paris, Fabrice Fries a confirmé qu'aucune décision n'avait encore été prise. Il a précisé que cette cession ne se ferait que si elle permettait de dégager une plus-value suffisante et de réunir la rédaction dans un seul bâtiment.

Depuis sa nomination, Fabrice Fries a fait de la croissance sur le marché de la vidéo sa priorité, tout en renforçant le rôle de l'AFP dans la lutte contre la désinformation. L'agence, créée à la Libération, est présente dans 151 pays et emploie plus de 2 400 collaborateurs de 80 nationalités différentes, produisant plus de 5 000 dépêches par jour, 3 000 photos et 250 vidéos.