Procès en appel pour viol en réunion à Bordeaux
Le 4 avril 2026, des anciens joueurs de rugby de Grenoble ont été condamnés lors de leur procès en appel, recevant les mêmes peines qu'en première instance. Ils étaient jugés pour le viol en réunion d'une étudiante à Bordeaux en 2017, après un match de Top 14 perdu contre l'Union Bordeaux-Bègles.
Les condamnations confirmées
Les avocats des trois accusés ont annoncé leur intention de se pourvoir en cassation après l'énoncé du verdict. Les prévenus sont restés immobiles dans le box, échappant à des échanges avec leurs avocats et proches, dont certains étaient en larmes. Jugés en appel pour le viol d'une jeune femme en 2017, trois ex-rugbymen de Grenoble ont été condamnés à des peines allant jusqu'à 14 ans de réclusion criminelle.
Décision de la cour d'assises
La cour d'assises de la Charente a confirmé le verdict rendu fin 2024 à l'issue de ce nouveau procès, qui s'est tenu à huis clos à Angoulême. L'Irlandais Denis Coulson et le Français Loïck Jammes ont écopé de 14 ans de prison, tandis que le Néo-Zélandais Rory Grice a été condamné à 12 ans. "Vous êtes condamnés à la même peine qu'en première instance. La cour et le jury ont considéré la gravité des faits, les circonstances des faits, l'absence d'évolution notable par rapport à la précédente décision", a déclaré la présidente après cinq heures de délibéré.
Réactions des avocats
L'avocat général avait requis 14 ans de réclusion contre Denis Coulson (31 ans), Loïck Jammes (31 ans) et Rory Grice (36 ans). Les faits de viol en réunion pour lesquels ils étaient poursuivis sont passibles de 20 ans de réclusion. Me Anne Cadiot-Feidt, avocate de la partie civile, a déclaré : "Les sanctions sont lourdes, ce ne sont pas des sanctions symboliques."
Appel et conséquences
Les avocats des trois prévenus ont annoncé se pourvoir en cassation, qualifiant la décision de "répétition d'une sanction excessive et disproportionnée". Me Corinne Dreyfus-Schmidt, avocate de Denis Coulson, a réagi en disant : "On semble leur reprocher de ne pas avoir évolué dans leur comportement, c'est-à-dire de ne pas avoir avoué." Me Denis Dreyfus, représentant Loïck Jammes, a ajouté : "Si c'est comme ça qu'on conçoit la procédure d'appel, cela fait peur."
Les faits jugés
Les faits jugés remontent au 12 mars 2017. La plaignante, alors étudiante, avait quitté en larmes un hôtel de Mérignac, en périphérie de Bordeaux, où l'équipe de Grenoble avait passé la nuit après un match de Top 14. Elle avait déposé plainte, déclarant avoir rencontré des joueurs dans un bar et les avoir suivis en boîte de nuit, où l'alcool avait coulé à flots, sans se souvenir de la suite. Elle s'était réveillée le lendemain matin, nue sur un lit, entourée de deux hommes nus et d'autres habillés.
Conclusion et impact
Durant la procédure, les accusés ont affirmé que la plaignante était consentante, s'appuyant sur une vidéo tournée par l'un d'eux. Deux autres équipiers, l'Irlandais Chris Farrell et le Néo-Zélandais Dylan Hayes, n'avaient pas fait appel de leur condamnation. La plaignante n'a pas assisté à l'énoncé du verdict. Me Anne Cadiot-Feidt a commenté : "Nous sommes extrêmement soulagés pour notre cliente" qui est "effondrée". Elle a conclu : "Les sanctions sont lourdes, ce ne sont pas des sanctions symboliques. C'était un procès marathon, mené de manière extrêmement rigoureuse."