• samedi 25 avril 2026

Arrestation et libération d'un journaliste français en Turquie

Le journaliste français Raphaël Boukandoura a été arrêté lundi soir à Istanbul lors d'une manifestation du parti prokurde DEM. Selon son avocate, il était accusé d'avoir scandé des slogans lors de ce rassemblement, ce qu'il a fermement démenti. Son expulsion était redoutée, mais le reporter a finalement annoncé avoir été libéré ce mercredi.

La fin de longues heures d'angoisse pour Raphaël Boukandoura, arrêté lundi 19 janvier en Turquie pendant qu'il couvrait une manifestation prokurde. Il a été libéré mercredi soir, comme il l'a annoncé à l'AFP lors d'un bref appel depuis un taxi qui le ramenait chez lui, après avoir contacté son épouse. Son avocate et le correspondant de Reporters sans frontières en Turquie, Erol Önderoglu, ont confirmé la nouvelle, sans connaître les détails ni les raisons de cette libération.

Le reporter, qui réside et travaille légalement en Turquie depuis plus de dix ans, avait été transféré au centre de rétention d'Arnavutköy, près de l'aéroport international d'Istanbul, et ses avocats craignaient son expulsion. Le Quai d'Orsay avait indiqué suivre "la situation de près".

Âgé de 35 ans, Raphaël Boukandoura a été arrêté lors d'une manifestation dénonçant l'offensive de l'armée syrienne contre les forces kurdes dans le nord-est de la Syrie. Les autorités turques, proches de la nouvelle direction syrienne, soutiennent ces opérations. Selon son avocate, il est accusé d'avoir scandé des slogans lors de ce rassemblement, ce qu'il a fermement démenti, répétant qu'il se trouvait là en sa qualité de journaliste.

La France "suit la situation de près", avait indiqué mardi le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué, espérant que le reporter "pourra recouvrer la liberté le plus rapidement possible". Titulaire d'une carte de presse turque, Raphaël Boukandoura est un parfait connaisseur du pays et de sa langue. Il contribue régulièrement à l'hebdomadaire Courrier international, aux quotidiens Libération et Ouest-France, ainsi qu'au site d'information Mediapart, qui avaient réclamé sa "libération immédiate" dans un communiqué commun.

Cette affaire met en lumière les défis auxquels font face les reporters en Turquie, un pays où la liberté de la presse est souvent menacée. La situation de Raphaël Boukandoura rappelle l'importance de défendre les droits des journalistes et de garantir leur sécurité, surtout dans des contextes de tensions politiques.