Crise actuelle des prix du carburant : impacts sur le secteur du transport
Par M. G avec AFP, publié le 27 mars 2026 à 22h30, source : JT 20h Semaine.
La flambée des prix du carburant, exacerbée par la guerre au Moyen-Orient, pousse les transporteurs routiers à organiser des actions de protestation. Des rassemblements sont prévus dès ce week-end, témoignant d'une grogne qui s'intensifie. Alors que le conflit au Moyen-Orient se poursuit, les transporteurs routiers expriment leur colère face à une situation de plus en plus difficile.
"Nous arrivons à la quatrième semaine de crise, la situation est très compliquée pour les transporteurs routiers, car le diesel livré en cuve est souvent plus cher pour eux que dans les stations-service", souligne Florence Berthelot, déléguée-générale de la Fédération nationale des transports routiers (FNTR), auprès de l'AFP.
Dans ce contexte, la contestation s'organise. Le syndicat de transporteurs routiers OTRE prévoit des manifestations ou des opérations escargot à Lyon et Clermont-Ferrand (Auvergne-Rhône-Alpes) samedi 28 mars, en Île-de-France lundi 30 mars, ainsi qu'en Provence-Alpes-Côte d'Azur, Occitanie et Nouvelle-Aquitaine mercredi 1er avril. Ce même jour, les transporteurs de la FNTR se joindront à leurs confrères en PACA.
Des annonces gouvernementales jugées insuffisantes
Pour comprendre les enjeux, il est essentiel de noter que de nombreuses entreprises du secteur sont des PME, qui ne disposent en moyenne que de 28 jours de trésorerie. La flambée des prix du carburant "déséquilibre complètement leurs postes de coûts, d'autant que les factures qu'ils émettront à leurs clients fin mars ne seront pas payées avant mi-mai au plus tôt", explique Florence Berthelot.
Autrement dit, pour de nombreuses structures, la trésorerie est en danger. Les professionnels du transport demandent une aide pour éviter d'assécher leur trésorerie en achat de carburant en attendant d'être réglés par leurs clients, ainsi que des ristournes sur le prix des carburants.
Le gouvernement a annoncé des mesures pour soutenir le secteur, mais "le report des échéances fiscales et sociales accordé cette semaine n'est pas suffisant", déclare Florence Berthelot. Une enveloppe d'une cinquantaine de millions d'euros sera débloquée prochainement pour aider les TPE et PME qui pourront justifier de "difficultés de trésorerie majeures liées à la crise". Ce coup de pouce équivaut à une aide forfaitaire de 20 centimes par litre pour les structures concernées.
Cependant, selon Florence Berthelot, "les annonces gouvernementales ne sont ni à la hauteur, ni opérationnelles" et "ne constituent en rien une réponse à la crise". Elle déplore : "Nous nous retrouvons avec une véritable usine à gaz, incompréhensible dans ses critères".
En conclusion, la crise actuelle des prix du carburant a des répercussions significatives sur le secteur du transport, et les actions des transporteurs routiers ainsi que les réponses gouvernementales sont cruciales pour atténuer les impacts sur les entreprises.