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Nantes : Une prothèse de main bionique contrôlée par la pensée

Les avancées médicales en matière de prothèses bioniques

Par V. F | Reportage : Yanni KHEZZAR et Alexandre GAUDIN

Publié le 3 avril 2026 à 9h40 - Source : TF1 Info

Une nouvelle prouesse médicale a été réalisée à Nantes, où une équipe de chirurgiens a réussi à implanter une prothèse de main bionique, contrôlée par la pensée. Quatre patients ont déjà bénéficié de cette prothèse, et les résultats sont tout simplement stupéfiants. Ces gestes quotidiens, qu'ils pensaient ne jamais pouvoir refaire, sont désormais à leur portée.

Le parcours de Priscille Deborah

En 2006, après un accident tragique, Priscille Deborah a perdu son bras droit et ses deux jambes. Pendant des années, elle a utilisé une prothèse classique, mais celle-ci était difficile à contrôler et ses mouvements étaient limités. "J'ai fini par l'abandonner parce que c'était trop lent. Par exemple, le temps d'attraper une baguette de pain chez le boulanger, quelqu'un venait déjà m'aider", raconte-t-elle dans le reportage.

Un jour, elle entend parler d'une prothèse d'un nouveau genre, bionique contrôlée par la pensée. Cette prothèse possède six mouvements différents et une précision qui l'a surprise. "Je ne pense plus pour ouvrir ou fermer la main, ça vient tout seul", dit-elle.

La technologie derrière la prothèse

Le Dr Edward de Keating Hart, chirurgien de la main à Nantes, explique que cette prouesse est rendue possible grâce à de petits moteurs reliés à des capteurs sur le bras, qui détectent les impulsions nerveuses. "En réveillant des nerfs endormis et en les greffant dans des muscles, nous permettons de réutiliser un bras le plus naturellement possible", précise-t-il.

Avant d'arriver à cette étape, les patients doivent passer par deux ans de rééducation. L'opération unique en France, maîtrisée par le Dr de Keating Hart, a permis jusqu'ici à seulement trois patients d'être équipés, car la prothèse coûte plus de 80 000 euros. Cependant, depuis peu, l'opération et la prothèse peuvent être remboursées par la Sécurité sociale.

Le témoignage de Maria Da Veiga

Maria Da Veiga, récemment opérée, est la première à bénéficier de ce remboursement. "Je ne pensais pas faire cette opération. Je croyais que ce n'était pas possible pour moi. J'ai hâte de recuisiner, car j'adore faire la cuisine et réaliser tous les gestes du quotidien, comme tenir une bouteille ou un verre", se réjouit-elle.

Les prothèses du futur

Dans la start-up Advanced Care Technologies, l'objectif est d'aller encore plus loin en développant des prothèses qui recréeront le sens du toucher grâce à des capteurs placés sur le bout des doigts. Gabriel Eleuterio, son fondateur, explique : "Le capteur est un capteur de force qui permet de savoir si je suis en train de saisir une tasse avec force ou non. Dans le futur, nous pourrions imaginer des capteurs de température ou de texture, permettant de savoir si la tasse est chaude ou si elle est en train de glisser."

Priscille, quant à elle, a pu reprendre la peinture, une passion qui est devenue son métier. En France, 20 000 amputations ont lieu chaque année, et pour certains, il y a désormais cet espoir : une main robotique, certes, mais qui change véritablement la vie.