Les implications juridiques et médicales de la Dépakine
Publié le 18 mars 2026 à 11h51, mis à jour le 18 mars 2026 à 11h57. Jean-Marc Laurent a déposé plainte contre X en raison des troubles dont sa fille, Margot, est victime. Âgée de 17 ans, Margot souffre de graves troubles neuro-développementaux, selon son père, à cause de la Dépakine prise par ce dernier durant les mois précédant la grossesse de sa femme. Cet antiépileptique du groupe français Sanofi est connu pour ses risques graves pour l'enfant lorsque pris par la mère pendant la grossesse.
Le premier "papa Dépakine" à saisir la justice
Jean-Marc Laurent est le premier "papa Dépakine" à saisir la justice. Selon son avocat, il a déposé plainte contre X en raison des troubles de sa fille, reliés à l'antiépileptique qu'il avait pris avant la grossesse de sa femme. La Dépakine, contenant du valproate sodium, est connue pour ses risques pour l'enfant. Cependant, des études menées en France en 2025 ont révélé que le valproate peut perturber le développement d'un enfant si pris par le père dans les mois précédant la conception.
Des plaintes en perspective
Jean-Marc Laurent, qui a pris ce traitement antiépileptique, a récemment déposé une plainte devant le tribunal judiciaire de Paris. Cette plainte, portée par Me Charles Joseph, avocat des victimes de ce médicament, dénonce l'"administration de substance nuisible", l'"atteinte à l'intégrité de la personne", la "mise en danger d'autrui", la "tromperie aggravée" et le "non-signalement d'effet indésirable". "Ma fille est malade à cause de moi", a déclaré Jean-Marc Laurent, au sujet de Margot, qui souffre de nombreux troubles handicapants.
Une procédure de référé au civil
Me Joseph-Oudin a précisé que cette première plainte concernant un père va faire l'objet d'une procédure de référé au civil. Cela implique que le juge ordonne une expertise judiciaire, où des médecins examineront le lien de causalité entre l'exposition par le père au valproate et les troubles chez l'enfant. L'avocat assure que d'autres plaintes suivront, car son cabinet a déjà reçu des demandes d'une vingtaine de familles.
Réactions de Sanofi
Sanofi a commenté la situation en déclarant : "Nous ne pouvons pas nous prononcer sur des situations individuelles". Concernant le "risque potentiel" chez les enfants nés de pères traités par valproate, une mise à jour du résumé des caractéristiques du produit (RCP) et de la notice patient a été mise en place en France depuis 2024. Le scandale Dépakine soulève des questions sur la responsabilité de Sanofi et la nécessité d'un dispositif indemnisation victimes pour les familles touchées.
Conclusion
La Dépakine et son utilisation par les futurs pères soulèvent des enjeux juridiques et médicaux importants. Les victimes de ce médicament, comme Margot, illustrent les conséquences tragiques de la prise de valproate sodium avant la conception. Il est crucial d'informer le public sur les risques associés à son utilisation et de soutenir les familles dans leur quête de justice.