• samedi 25 avril 2026

Biais sexistes dans la santé : Une enquête alarmante

Les inégalités de genre dans le secteur de la santé

Publié le 8 mars 2026 à 9h05. Selon une enquête réalisée pour la Fédération hospitalière de France (FHF), les biais sexistes sont encore largement répandus dans le secteur de la santé. Plus de 40% des femmes déclarent que leurs douleurs ont déjà été minimisées par un professionnel de santé. Les femmes doivent-elles encore plus prouver que les hommes lorsqu'elles souffrent ? C'est la conclusion d'une étude menée par l'Ipsos pour la FHF, publiée ce dimanche 8 mars, en cette journée des droits des femmes.

Une minimisation des douleurs inacceptable

D'après cette enquête, près de la moitié des femmes (43%) disent avoir déjà subi une minimisation ou une banalisation de leurs douleurs par un professionnel de santé, simplement parce qu'elles sont des femmes. Un taux qui monte même à 69% pour les moins de 30 ans. "Aucune femme ne devrait avoir à convaincre qu'elle souffre pour que sa douleur soit reconnue et soulagée", déplore Zaynab Riet, déléguée générale de la FHF.

Conséquences directes des biais sexistes

D'autant que ces biais sexistes dans la prise en charge médicale entraînent des conséquences directes. "Près d'un tiers des femmes indiquent avoir déjà été confrontées à un refus d'antidouleurs ou d'anesthésie, ou à un traitement insuffisant au regard de l'intensité de leur douleur", pointe l'étude. "Le corps des femmes reste un espace de pressions normatives."

Examen gynécologique : un consentement souvent ignoré

Les consultations gynécologiques restent également parfois marquées par des pratiques problématiques. Un tiers des femmes déclare avoir déjà vécu une situation où leur consentement n'a pas été pleinement respecté lors d'un examen gynécologique, qu'il s'agisse d'un geste non consenti, d'un manque d'information, d'un respect insuffisant de l'intimité, ou encore de la présence non-annoncée d'un tiers lors de l'examen. Au total, plus d'une femme sur dix indique même avoir déjà souhaité interrompre un examen gynécologique sans parvenir à l'exprimer sur le moment.

Pressions sur la santé reproductive

Des pressions se font également ressentir au sujet de la grossesse. Toujours selon cette enquête, 14% des femmes indiquent avoir déjà ressenti une pression pour commencer, poursuivre ou arrêter une contraception contre leur volonté, et 7% déclarent avoir déjà subi une pression de la part d'un professionnel de santé pour poursuivre ou interrompre une grossesse contre leur volonté.

Un appel à l'action pour les droits des femmes

Ces situations rappellent que l'autonomie des femmes dans leurs choix en matière de santé reproductive, pourtant protégée par le droit, n'est pas toujours pleinement respectée. "Le corps des femmes reste un espace de pressions normatives et d'injonctions, qu'il s'agisse de la maternité, de la contraception ou de l'apparence", martèle la Fédération hospitalière de France.

Conclusion

Il est impératif que les professionnels de santé prennent conscience de ces biais sexistes et s'engagent à respecter les droits des femmes dans le cadre de leur prise en charge médicale. La FHF appelle à un changement dans les pratiques médicales pour garantir que chaque femme puisse bénéficier de soins appropriés et respectueux.