Les enjeux environnementaux et sanitaires de l'acétamipride en France
Le 30 avril 2026, une note parlementaire sur les risques environnementaux et sanitaires liés à l’usage de l’acétamipride a été rejetée, marquant un tournant inédit pour l’Office parlementaire des choix scientifiques (Opecst). Ce rejet soulève des questions sur les tensions politiques entourant l’examen du projet de loi d’urgence agricole, notamment en ce qui concerne les pesticides de la famille des néonicotinoïdes.
Une situation inédite au sein de l'Opecst
Créé en 1983, l’Opecst a pour mission d’apporter des informations scientifiques et technologiques à l’Assemblée nationale et au Sénat. En septembre 2025, l’Opecst a été saisi par Aurélie Trouvé, présidente de la Commission des affaires économiques, pour produire des éléments sur "les effets sanitaires et environnementaux de l’acétamipride". Cette saisine s’inscrit dans un débat intense sur la possible autorisation de ce pesticide dans les champs, dans le cadre de l’examen de la loi Duplomb.
Le contexte législatif et les tensions politiques
Bien que l’acétamipride soit interdit en France depuis 2018, il reste autorisé dans l’Union européenne jusqu’en 2033. Une pétition signée par plus de deux millions de personnes a conduit à un débat à l’Assemblée, mais la mesure sur l’acétamipride a été censurée par le Conseil constitutionnel. Le sénateur LR Laurent Duplomb a déposé une nouvelle proposition de loi pour permettre son retour dans les parcelles françaises, ce qui devrait être abordé lors de l’examen du projet de loi d’urgence agricole.
Des débats houleux et des préconisations controversées
Lors de la réunion de l’Office, la note a été rejetée par un vote de 6 voix pour et 6 voix contre, une première dans l’histoire de l’Office. Michaël Weber, co-rapporteur de la note, a dénoncé ce rejet, le liant au débat parlementaire à venir sur le projet de loi d’urgence agricole. Les tensions se sont intensifiées lors de la conférence de presse, où le président de l’Opecst, Stéphane Piednoir, a critiqué les méthodes de son collègue.
Les dangers de l'acétamipride pour la santé
Le document, consulté par TF1, évoque des dangers potentiels de l’acétamipride, notamment des perturbations endocriniennes et un potentiel neurotoxique préoccupant. Les études scientifiques citées dans la note soulignent la nécessité d’une évaluation rigoureuse des risques associés à l’acétamipride, en particulier pour la santé humaine et l’environnement.
Une stratégie politique en jeu
Les demandes de retarder la publication de la note semblent liées à la volonté de certains élus de gagner du temps avant l’examen du projet de loi d’urgence agricole. Michaël Weber a exprimé ses préoccupations quant à l’impact de ces manœuvres sur la transparence et la sécurité sanitaire. Les tensions entre les différents partis politiques, notamment entre le PS et le RN, mettent en lumière les enjeux cruciaux liés à l’utilisation de l’acétamipride et à la santé des écosystèmes.
Conclusion
Les débats autour de l’acétamipride illustrent les tensions entre la santé publique, l’environnement et les intérêts politiques. Alors que l’EFSA a exprimé des incertitudes sur les effets neurotoxiques de cette substance, il est impératif que les décisions politiques soient guidées par des preuves scientifiques solides et un principe de précaution pour protéger la santé humaine et l’environnement.