La Vie d'une femme : Un chef-d'œuvre au Festival de Cannes 2026
Publié le 13 mai 2026 à 21h00, Léa Drucker brille dans La Vie d'une femme. - Source : Festival de Cannes
Des stars, des espoirs, des chefs-d'œuvre et des scandales… C’est l’heure de la 79ᵉ édition du Festival de Cannes ! Du 12 au 23 mai, notre envoyé spécial sur la Croisette livre son avis totalement subjectif sur les films dévoilés en avant-première mondiale. Aujourd’hui : La Vie d'une femme de Charline Bourgeois-Tacquet, en lice pour la Palme d'or.
Premier film français en lice pour la Palme d’or du 79ᵉ Festival de Cannes, La Vie d’une femme marque le retour de Léa Drucker sur la Croisette après plusieurs performances de haute volée dans L’Été dernier, L’Intérêt d’Adam ou encore Dossier 137 qui lui a valu son deuxième César en mars dernier. Elle est dirigée par Charlie Bourgeois-Tacquet, la jeune réalisatrice révélée sur la Croisette en 2021 avec Les Amours d’Anaïs.
Le pitch captivant
C’est l’histoire de Gabrielle, 55 ans, une brillante chirurgienne parisienne admirée de tous. Entre la gestion de son service en surchauffe, ses activités humanitaires, une mère dépendante et un gentil mari dont elle a élevé les enfants, son emploi du temps est rempli pour un bout de temps. Jusqu’au jour où elle croise la route de Frida, une jeune romancière venue passer quelques semaines à ses côtés afin de nourrir l’écriture de son prochain roman. Et soudain, tout bascule…
Mon avis sur la performance de Léa Drucker
Et c’est encore une masterclass pour Léa Drucker sur la Croisette ! Après avoir joué une présidente, une avocate en droit de la famille, une enquêtrice de l’IGPN ou encore une infirmière en pédiatrie avec un même brio, la comédienne donne cette fois le sentiment d’avoir pratiqué la chirurgie maxillo-faciale toute sa vie. Mais c’est encore une fois la subtilité de son jeu qui m'a fascinée de bout en bout. Chaque regard, chaque geste, chaque souffle dit quelque chose du grand chambardement intérieur de son personnage, par-delà les dialogues fort bien écrits au demeurant. Désolé Isabelle Huppert : la nouvelle reine des actrices françaises, c'est elle !
Mélanie Thierry et Léa Drucker dans La Vie d'une femme. - Festival de Cannes
Une distribution au diapason
Réduire La Vie d’une femme à un one-woman show de sa vedette serait injuste car tous les comédiens sont au diapason, de Mélanie Thierry en douce amante à Charles Berling en mari déboussolé, en passant par Marie-Christine Barrault, bouleversante en malade d’Alzheimer, ou encore Laurent Capuletto en bras droit qui tente de se libérer de l’emprise de sa supérieure. Comme tous les seconds rôles, bluffants de vérité.
Loin de l’énième drame petit-bourgeois auquel elle ressemble sur le papier, cette tranche de vie subtile vise l’universel en décrivant les petites prisons intérieures dans lesquelles chacun s’enferme parfois sans s’en apercevoir. Une belle réussite.
Des chances au palmarès ?
Privée du prix d’interprétation par la jeune Nadia Melliti dans La Petite Dernière en 2025, Léa Drucker pose d’emblée sa candidature. Après elle, c’est bien simple : toutes les comédiennes de la compétition avanceront dans l’ombre de sa performance. Membre du jury, la réalisatrice belge Laura Wandel, qui l’a dirigée l’an dernier dans L’Intérêt d’Adam, ne me dira sans doute pas le contraire ! Enfin si La Vie d’une femme me paraît trop "modeste" pour une Palme, a priori, un prix du scénario ne serait pas usurpé.