• lundi 15 juin 2026

Disparités d'accès aux soins en France : une étude révélatrice

Disparités d'accès aux soins en France : une réalité alarmante

Publié le 19 mai 2026 à 8h08, cet article s'appuie sur une étude menée par Doctolib et la Fondation Jean-Jaurès, qui met en lumière les inégalités d'accès aux soins à travers les différentes régions de France. Selon cette étude, entre 2023 et 2025, 47% des départements ont enregistré une augmentation des délais médians pour obtenir un rendez-vous chez un généraliste.

Des délais d'attente inacceptables

Un exemple frappant est celui de la cardiologie : à Paris, il faut attendre 16 jours pour un rendez-vous, tandis que dans le Gers, ce délai grimpe à 164 jours. Cette situation souligne l'importance de la patience pour les patients, mais elle révèle également une réalité préoccupante concernant l'accès aux soins.

Une étude révélatrice

Les résultats de cette étude, partagés le 19 mai, reposent sur l'analyse de 234 millions de rendez-vous en 2025, impliquant 80 000 professionnels de santé utilisant la plateforme Doctolib. Les conclusions sont sans appel : 49% des départements affichent des délais stables, tandis que seulement 4% connaissent une amélioration.

Des disparités selon les spécialités

Les écarts départementaux sont considérables. En cardiologie, par exemple, les délais d'attente varient énormément. La situation est particulièrement tendue dans l'arc Occitanie-vallée du Rhône pour la cardiologie, tandis que l'ophtalmologie et la pédiatrie souffrent dans le Grand Ouest. La dermatologie est également en difficulté dans le Nord et le Centre-Est.

Les généralistes : un indicateur clé

Pour les généralistes, qui sont la pierre angulaire du système de santé français, les indicateurs restent globalement stables entre 2023 et 2025. Cependant, la part des rendez-vous à plus de 7 jours a augmenté de 3 points, atteignant 35%, ce qui indique une dégradation de l'accès aux soins.

Améliorations dans certains secteurs

Malgré ces disparités, certains secteurs montrent des signes d'amélioration. Les kinésithérapeutes, par exemple, affichent un délai médian d'attente stable à 6 jours, tandis que les chirurgiens-dentistes voient leur délai passer à 10 jours, soit une réduction d'un jour. Les ophtalmologues, quant à eux, bénéficient d'une réduction record de 4 jours, atteignant 21 jours, grâce à l'aide d'orthoptistes, opticiens, infirmières et assistants médicaux.

Conclusion : une réflexion nécessaire sur les inégalités régionales

Les dermatologues et gynécologues, bien que voyant leurs délais diminuer, restent confrontés à des niveaux d'attente élevés, respectivement 32 jours et 19 jours. Les sage-femmes, qui peuvent remplacer les gynécologues pour les suivis ordinaires, affichent un délai de 12 jours, un jour de plus par rapport à 2023. Cette étude met en lumière les inégalités d'accès aux soins en France et incite à une réflexion sur les disparités régionales dans le système de santé.