• lundi 25 mai 2026

Procès de Mourad Zeghidi : enjeux et répercussions en Tunisie

La situation des journalistes en Tunisie : un appel à la liberté

Le procès en appel de Mourad Zeghidi s'ouvre ce mardi à Tunis. Cet ancien journaliste franco-tunisien est accusé de blanchiment d'argent et d'évasion fiscale, risquant ainsi trois ans et demi de prison. Ses soutiens, ainsi que des ONG, dénoncent l'instauration d'un régime autoritaire et une régression des droits et libertés en Tunisie depuis le coup de force du président Kaïs Saied en 2021.

Des manifestations pour la liberté d'expression

"Des innocents sont en prison". Ce slogan a résonné lors des manifestations de vendredi à Tunis, où des dizaines de personnes se sont rassemblées pour soutenir Mourad Zeghidi, en détention depuis 2024. Avec son confrère Borhen Bsaies, ils sont jugés en appel ce mardi pour des accusations de blanchiment d'argent et d'évasion fiscale. En première instance, en janvier dernier, ils avaient été condamnés à trois ans et demi de prison.

Le journalisme en danger

"Le journalisme est en danger", s'alarme Zied Dabbar, président du syndicat des journalistes tunisiens (SNJT). Mourad Zeghidi et Borhen Bsaies avaient été placés en détention il y a deux ans pour des déclarations jugées critiques à l'égard du pouvoir de Kaïs Saied, dans des émissions de radio et télévision ainsi que sur les réseaux sociaux. Ils ont été condamnés à un an de prison en vertu d'un décret-loi présidentiel visant à lutter contre "les fausses informations", mais qui est sujet à une interprétation très large, dénoncée par des défenseurs des droits humains.

Une régression des droits humains

Depuis le virage autoritaire du président Kaïs Saied en juillet 2021, plusieurs ONG, tant nationales qu'internationales, dénoncent régulièrement une régression des droits humains en Tunisie. Hamma Hammami, figure de la gauche tunisienne et ancien détenu politique sous Ben Ali, déclare : "L'objectif est clair : tuer la vie politique et civique en Tunisie pour instaurer un régime autoritaire". Il déplore que le fascisme envahisse le pays, dévorant tout sur son passage : politiciens, syndicalistes, journalistes, militants des droits humains.

Un parallèle avec Christophe Gleizes

Cette affaire rappelle le cas de Christophe Gleizes, journaliste sportif pour So Foot et Society, arrêté en mai 2024 en Algérie pour un reportage sur le club de football Jeunesse Sportive de Kabylie (JSK). En décembre 2025, la Cour d'appel de Tizi-Ouzou a confirmé sa condamnation à sept ans de prison pour "apologie du terrorisme", la justice algérienne lui reprochant ses contacts avec des individus liés au Mouvement pour l'autodétermination de la Kabylie (MAK), une organisation séparatiste classée terroriste par l'Algérie.

Conclusion : un appel à la vigilance

La situation des journalistes en Tunisie et en Algérie soulève des inquiétudes quant à la liberté d'expression et aux droit humains. Les cas de Mourad Zeghidi et Christophe Gleizes illustrent la nécessité de rester vigilant face à la régression des libertés et à l'instauration de régimes autoritaires. Il est crucial de soutenir les défenseurs des droits humains et de lutter pour un avenir où la liberté d'expression est respectée et protégée.