Du 8 au 30 avril, les armées françaises s'engageront dans un exercice militaire majeur, baptisé Orion 26, visant à tester leur préparation face à des menaces contemporaines. Cet exercice, qui se déroulera sur terre, en mer, dans les airs et dans le cyberespace, s'inspire d'un scénario élaboré par l'OTAN, intégrant des hypothèses d'affrontements avec la Russie sur le flanc oriental de l'Alliance atlantique.
Le vice-amiral Xavier de Véricourt, responsable de l'organisation de cet exercice, a souligné que Orion 26 est particulièrement exigeant et a pour objectif de démontrer la capacité de la France à intervenir en premier sur un théâtre d'opérations et à mener une coalition internationale. Au total, 12 500 militaires français, 25 navires, dont le porte-avions Charles-de-Gaulle, 140 avions et hélicoptères, ainsi que 1 200 drones de tous types seront mobilisés.
Des moyens cyber et spatiaux seront également intégrés dans cet exercice, qui verra la participation de militaires de 24 autres pays, principalement européens, mais aussi américains, canadiens et émiratis. Cette opération s'inscrit dans le cadre de l'OTAN, et après une première édition en 2023, elle se distingue par un niveau de réalisme particulièrement élevé, permettant de reproduire toutes les phases d'un conflit moderne, de la conflictualité hybride à l'engagement de haute intensité.
Les grandes manœuvres commenceront par le déploiement de troupes en coalition depuis la façade Atlantique, via des opérations amphibies et aéroportées, en soutien d'un État partenaire fictif, l'Arland, confronté à son voisin expansionniste, Mercure. Cette phase durera jusqu'au 1er mars. Ensuite, du 7 au 30 avril, l'exercice se déplacera dans les camps de Champagne, illustrant la capacité des armées européennes à s'intégrer pleinement dans les structures de l'OTAN, sous la direction française.
Le vice-amiral de Véricourt a précisé que, bien que fictif, le scénario d'Orion 26 s'inspire directement d'un scénario élaboré par l'OTAN et intègre les évolutions récentes du champ de bataille et les nouvelles méthodes de combat. Les armées françaises testeront également des innovations dans les domaines des drones, du brouillage satellite et de la guerre électronique. Tout au long de l'exercice, 12 ministères seront mobilisés pour évaluer la réactivité et la coordination des acteurs civils et militaires face aux actions hybrides de l'adversaire sur le territoire national, en prévision d'éventuels affrontements avec la Russie sur le flanc oriental de l'OTAN.